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  • Dr Thomas Baltazard

Les verrues

Revêtant de multiples aspects suivant leur localisation, les verrues cutanées affectent environ un quart des enfants d'âge scolaire. Il s'agit d'une infection cutanée bénigne et peu contagieuse liée à la présence d'un papillomavirus (HPV) à la surface de la peau. Dans la grande majorité des cas, les verrues disparaissent spontanément dans les 2 ans.



Les verrues, encore appelées papillomes viraux, sont des lésions cutanées bénignes, c'est-à-dire sans gravité, correspondant à des excroissances de peau.

Elles sont liées à l'infection de la peau par un virus appelé « human papillomavirus » ou HPV dont il existe de nombreux types différents. On distingue plusieurs sortes de verrues en fonction de leur aspect, de leur localisation sur le corps et du type de virus HPV responsable.

Quels sont les différents types de verrue ?

Les verrues vulgaires : Les verrues vulgaires sont des lésions hémisphériques uniques ou multiples surélevées et dont la taille varie de quelques millimètres à 1 cm. Elles sont localisées principalement sur le dos des mains et les doigts. Elles peuvent également se situer en périphérie des ongles et entraîner alors des anomalies de ces derniers et peuvent être douloureuses à cet endroit.

Les verrues plantaires (myrmécies et mosaïques) : La myrmécie est une lésion le plus souvent unique, bien circonscrite, ponctuée de points noirâtres avec une peau plus dure, et parfois douloureuse à l'appui. Les verrues mosaïques sont localisées au niveau de la plante des pieds, mais aussi au niveau des mains et en périphérie des ongles. Elles se présentent sous forme de plaques de peau épaissie recouvertes de lésions multiples superficielles non douloureuses. Ce sont les plus difficiles à traiter.

Les verrues filiformes : Les verrues filiformes sont situées principalement au niveau du visage, en particulier autour de la bouche ou du nez, et au niveau des zones de rasage (cou). Elles sont plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes.

Les verrues planes : Les verrues planes siègent surtout au visage et sur le dos des mains. Il s'agit de lésions papuleuses arrondies ou polygonales (formes géométriques à plusieurs angles) de petite taille, de couleur chair ou pigmentées, retrouvées par dizaine ou par centaines, sous forme de plaques ou de stries secondaires au grattage.

Quelle fréquence et quelle contagiosité ?

Les verrues cutanées sont fréquentes et concernent, en France, un individu sur quatre, en particulier les enfants de 5 à 15 ans puisque l'on considère que 50 à 70% d'entre eux développeront des verrues vulgaires et 20 à 30% des verrues plantaires. Leur incidence décline au-delà de 15 ans et jusqu'à l'âge de 20 ans, pour augmenter à nouveau après 25 ans.

Même si elles touchent principalement les enfants, elles ne sont toutefois pas exceptionnelles chez l'adulte. Elles se rencontrent également fréquemment chez les sujets immunodéprimés, en particulier les sujets ayant subi une greffe du rein en raison des traitements immunosuppresseurs nécessaires à la greffe. Un bilan immunitaire comportant la numération des globules blancs et une sérologie VIH peuvent être prescrits lors de l'apparition de multiples verrues très profuses chez un adulte « a priori sain ».


La principale source de contagion est la lésion cutanée elle-même en raison de la dissémination dans l'environnement des squames épidermiques infectées par le virus. Le principal réservoir de virus est donc l'individu porteur de verrues. La transmission interhumaine est le plus souvent directe par contact cutané, favorisée par des effractions cutanées et/ou un dessèchement de la peau.

Certains facteurs environnementaux semblent jouer un rôle important dans la dissémination comme les milieux humides (piscines, salles de sport, transpiration des pieds), les contacts étroits entre individus (scolarité), la vie en collectivité ainsi que la vie en milieu rural.

Une évolution spontanée vers la guérison

Le système immunitaire permet le plus souvent l'élimination des lésions. Chez l'enfant, dans la très grande majorité des cas, la durée moyenne d'évolution des verrues cutanées est de 2 ans. On estime en effet qu'environ un tiers des verrues guérit spontanément en 6 mois et que la régression spontanée dans les 2 ans s'observe dans deux tiers des cas.

Quels traitements ?

La disparition spontanée des lésions dans les 2 ans peut justifier l'abstention thérapeutique si le préjudice esthétique est accepté par le patient.

Dans certains cas, les lésions peuvent persister plusieurs années, chez l'enfant comme chez l'adulte, sans autre conséquence qu'un préjudice esthétique, principal facteur motivant le recours à un traitement qui reste à ce jour purement symptomatique et pas toujours concluant.


En effet, aucun traitement ne permet aujourd'hui l'éradication du virus. L'objectif thérapeutique se résume donc à la destruction pure et simple des lésions visibles par diverses méthodes, aucune d'entre elles n'ayant fait la preuve de sa supériorité à long terme par rapport aux autres.

Le virus ne pouvant être éliminé de façon définitive, et pouvant persister en zone péri-lésionnelle, les récidives sont fréquentes. Il n'est alors pas rare d'éprouver un sentiment de découragement et de relative inefficacité des traitements proposés. Compte tenu de l'évolution spontanément favorable des lésions, l'abstention thérapeutique peut donc parfois être proposée.


En revanche, chez l'adulte, des lésions plantaires ou péri-unguéales ulcérées pouvant prendre l'aspect de verrues doivent motiver une consultation chez le dermatologue afin d'éliminer un cancer cutané dont la prise en charge thérapeutique est alors naturellement radicalement différente.

Les traitements physiques

Il existe plusieurs méthodes physiques de destruction des verrues. Toutes sont plus ou moins douloureuses et peuvent nécessiter parfois une anesthésie locale.

La cryothérapie : c'est de loin la méthode la plus répandue en raison de son extrême facilité d'utilisation. Elle consiste en l'application locale d'azote liquide, soit à l'aide d'un coton-tige maintenu sur la lésion pendant une dizaine de secondes, soit par pulvérisation à l'aide d'un spray. C'est une méthode qui peut être efficace dès la première séance, mais il est souvent nécessaire de renouveler l'opération plusieurs fois pour obtenir la disparition totale des lésions.


L'électrocoagulation : basée sur l'utilisation d'un bistouri électrique, il s'agit d'une technique ancienne qui n'a plus véritablement d'indication aujourd'hui compte tenu des autres techniques proposées et des risques de cicatrices.


Le curetage chirurgical : il reste réservé aux lésions volumineuses uniques ou pédiculées. Il existe un risque de cicatrice douloureuse.


La vaporisation au laser CO2 : il s'agit d'une méthode coûteuse laissant une cicatrice dans 50% des cas. Comme pour l'électrocoagulation, la formation de vapeurs contenant des particules virales, donc potentiellement contaminantes, nécessite à la fois une aspiration efficace ainsi que la protection du visage (yeux, nez, bouche) tant du patient que du médecin.


Les traitements chimiques

Les complications liées aux traitements

Les traitements destructeurs des verrues entraînent une nécrose cutanée susceptible de s'ulcérer et de se surinfecter. Un traitement désinfectant local est en général suffisant, le recours à un traitement antibiotique par voie générale restant exceptionnel et réservé aux cas les plus sévères.

Quid de l'homéopathie, des rebouteux et des magnétiseurs ?

Les limites de la médecine traditionnelle dans le traitement des verrues cutanées laissent évidemment la place aux méthodes moins conventionnelles et aux médecines parallèles qui peuvent avoir une certaine efficacité même si ces dernières ne sont ni scientifiquement documentées, ni scientifiquement validées. Les traitements homéopathiques et phytothérapiques, les magnétiseurs, sont ainsi régulièrement essayés par bon nombre de personnes avec parfois une relative efficacité, en n'oubliant pas cependant que l'évolution naturelle des verrues est habituellement leur disparition spontanée… avec ou sans traitement !

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